Un interlocuteur se fait passer pour votre banque, un opérateur ou une administration, vous presse de rappeler un numéro ou vous demande un code reçu par SMS. Pour signaler un appel frauduleux, le bon réflexe dépend de la situation : spam vocal, démarchage commercial illégal, tentative d’hameçonnage ou escroquerie déjà subie. Voici les démarches utiles en France, y compris en Martinique, ainsi que les preuves à conserver et les erreurs à éviter.
Les bons réflexes pour réagir sans perdre de temps
- Ne rappelez pas un numéro inconnu et ne communiquez aucun code, mot de passe ou identifiant bancaire.
- Utilisez le 33 700 pour un spam vocal ou un appel d’hameçonnage reçu sur un mobile.
- Déclarez un démarchage commercial non sollicité sur SignalConso, notamment si l’appel intervient sans consentement.
- En cas de paiement, de coordonnées bancaires transmises ou de compte compromis, contactez votre banque immédiatement.
- Conservez le numéro, la date, l’heure, le message vocal et les captures d’écran avant de bloquer l’appelant.

Le bon signalement dépend du type d’appel
Un appel bref qui raccroche, une voix enregistrée et une fausse conseillère bancaire ne relèvent pas exactement du même dispositif. C’est la première distinction à faire, car le mauvais canal peut limiter l’efficacité du signalement.
| Situation | Dispositif à utiliser | Objectif |
|---|---|---|
| Appel bref, numéro incitant à rappeler ou tentative de vishing sur mobile | 33 700 | Transmettre le numéro aux opérateurs et contribuer à son blocage |
| Démarchage commercial sans accord ou à des horaires interdits | SignalConso | Alerter la DGCCRF et signaler le professionnel |
| Données bancaires communiquées ou argent perdu | Banque, police ou gendarmerie | Limiter le préjudice et déposer plainte |
| Appels répétés et intimidants | Police, gendarmerie ou procureur | Faire constater les faits et engager une procédure |
Le numéro affiché n’est pas toujours celui de l’escroc. La technique de spoofing permet d’usurper le numéro d’une banque, d’une entreprise ou même d’un particulier. Je conseille donc de signaler les faits sans accuser automatiquement le titulaire du numéro affiché.
Le 33 700 pour un spam vocal ou un appel de hameçonnage
Le 33 700 est adapté aux appels reçus sur un téléphone mobile qui cherchent à vous faire rappeler un numéro surtaxé, à cliquer sur un lien envoyé par SMS ou à transmettre des informations sensibles. Le signalement est gratuit et peut aider les opérateurs à couper le numéro émetteur ou le numéro surtaxé utilisé.
Comment effectuer le signalement
Pour un appel qui vous a incité à rappeler, envoyez un SMS au 33 700 avec la mention « spam vocal » suivie du numéro concerné. Vous pouvez aussi utiliser le formulaire en ligne du dispositif, notamment si vous disposez d’une capture d’écran ou d’un message vocal.Ce service concerne principalement les faits commis sur un téléphone mobile. Pour une ligne fixe ou un démarchage commercial clairement identifié, SignalConso ou une plainte auprès des forces de l’ordre seront souvent plus appropriés.
Les appels qui imitent une banque ou une administration
Le vishing est une forme d’hameçonnage par téléphone. L’appelant prétend par exemple détecter une fraude sur votre carte, vous demande de valider une opération ou vous réclame un code reçu par SMS. Une banque, une caisse d’assurance maladie ou une administration ne vous demandera pas de communiquer un code de sécurité dicté au téléphone.
Ne cherchez pas à convaincre l’appelant et ne prolongez pas la conversation. Raccrochez, puis rappelez l’organisme avec un numéro trouvé sur votre relevé, votre carte ou son application officielle, jamais avec celui fourni pendant l’appel.
SignalConso pour le démarchage commercial interdit
Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique est en principe interdit lorsque le consommateur n’a pas donné son accord préalable. Les exceptions concernent notamment un contrat en cours et certains appels liés à la vente de journaux ou de magazines. Le service Bloctel, qui reposait sur une inscription volontaire, a pris fin avec ce changement de règle.
Un consentement valable doit être actif, éclairé et révocable. Il ne peut pas résulter d’une case précochée, doit préciser l’identité du professionnel et l’objet de la prospection, et sa durée ne peut pas dépasser un an. Le professionnel doit pouvoir conserver la preuve de cet accord pendant trois ans.
Les règles à vérifier avant de déclarer l’abus
Même lorsqu’un appel est autorisé, il doit respecter des limites précises. La prospection est permise du lundi au vendredi, de 10 heures à 13 heures et de 14 heures à 20 heures. Elle est interdite le week-end et les jours fériés, et un même professionnel ne peut pas tenter de vous joindre plus de quatre fois sur une période de trente jours.
Le démarchage reste interdit dans certains secteurs, notamment la rénovation énergétique, l’adaptation du logement au handicap ou au vieillissement et la prospection liée au CPF. Ces restrictions s’appliquent même si le consommateur a donné son accord.
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Les informations à fournir sur SignalConso
Indiquez le numéro utilisé, la date et l’heure de l’appel, le nom annoncé par l’interlocuteur, l’entreprise prétendument représentée et l’objet de la proposition. Ajoutez les captures d’écran, messages vocaux ou documents reçus. Un signalement précis permet de distinguer une simple sollicitation commerciale d’une pratique trompeuse.
Vous pouvez aussi demander à l’entreprise de supprimer vos coordonnées de ses fichiers. Si elle continue à vous appeler après votre opposition, conservez les nouvelles preuves. La répétition des appels peut justifier une démarche auprès de la CNIL ou un dépôt de plainte selon les circonstances.
Que faire si vous avez donné un code ou effectué un paiement
Un simple signalement ne suffit pas lorsque l’appel a entraîné une perte financière. Contactez votre banque sans attendre, en utilisant son numéro officiel. Demandez le blocage de la carte ou de l’accès bancaire si nécessaire, contestez les opérations non autorisées et suivez la procédure indiquée par l’établissement.
Si vous avez communiqué un mot de passe réutilisé ailleurs, modifiez-le immédiatement depuis un appareil sûr. Activez l’authentification renforcée et vérifiez les bénéficiaires, virements programmés et appareils connectés à votre espace bancaire.
Pour une escroquerie, vous pouvez déposer plainte dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, même si l’auteur est inconnu. Une plainte contre X reste possible. En cas d’urgence, de menace ou de présence d’un individu à proximité, composez le 17 ou le 112.
Le service Info Escroqueries peut également orienter les victimes au 0 805 805 817, du lundi au vendredi de 9 heures à 18 h 30. Service-Public rappelle qu’un signalement n’est pas toujours une plainte : il alerte un organisme, tandis que la plainte formalise la demande d’enquête de la victime.
Les preuves qui donnent du poids à votre démarche
Avant de supprimer le numéro, rassemblez tout ce qui permet de reconstituer l’appel. Notez les faits immédiatement, car le contenu et le ton de la conversation s’oublient vite. Les enquêteurs ou l’organisme destinataire auront besoin d’éléments concrets, pas seulement de l’impression d’avoir été trompé.
- Numéro affiché, même s’il semble usurpé.
- Date, heure et durée de l’appel.
- Capture du journal d’appels et des SMS associés.
- Message vocal, nom de l’entreprise et identité annoncée.
- Adresse d’un site transmis, facture, relevé bancaire ou référence de transaction.
- Résumé précis des informations demandées et de celles éventuellement communiquées.
Je recommande de conserver les originaux dans un dossier unique et de ne pas les modifier. Une capture d’écran peut être utile, mais elle ne remplace pas toujours le relevé d’appel ou le message reçu. Si un paiement a eu lieu, gardez aussi les échanges avec la banque et la référence de contestation.
Les erreurs qui facilitent encore l’arnaque
La première erreur consiste à rappeler pour « vérifier ». C’est précisément ce que recherchent les appels très courts et les messages alarmants. Un numéro français ou familier n’est pas une preuve d’authenticité, surtout lorsque l’appelant vous impose une décision immédiate.
La deuxième consiste à transmettre le code reçu par SMS pour annuler une opération. En réalité, ce code peut servir à valider un paiement, ajouter un bénéficiaire ou prendre le contrôle d’un compte. Aucun conseiller sérieux ne vous demandera de le lire à voix haute.
Enfin, bloquer le numéro ne remplace pas le signalement. Le blocage protège votre téléphone, mais il ne prévient pas l’opérateur, la DGCCRF ou les enquêteurs. Prenez quelques minutes pour déclarer les faits, puis activez les fonctions de filtrage proposées par votre smartphone.
Le réflexe utile après chaque appel suspect
La méthode la plus simple tient en quatre temps : raccrocher, conserver les preuves, signaler au bon organisme et sécuriser ses comptes. Le 33 700 convient au spam vocal et au vishing sur mobile, SignalConso au démarchage commercial abusif, et la police ou la gendarmerie aux faits constitutifs d’une escroquerie ou d’un harcèlement.
Un appel frauduleux ne doit pas être minimisé parce qu’aucun argent n’a encore disparu. Le signalement précoce peut empêcher d’autres victimes, tandis qu’une réaction rapide auprès de la banque augmente les chances de limiter les conséquences. Dans le doute, je préfère toujours une vérification par un canal officiel plutôt qu’un rappel dicté par l’appelant.